D'ici trois semaines à peine, petits et grands se réveilleront au matin de Noël en se précipitant au pied du sapin pour y récupérer leurs cadeaux très attendus ! La magie de Noël aura une fois de plus fait son oeuvre à la plus grande joie de tous. Mais, cette magie liée aux fêtes de fin d'année s'apparente souvent au décorum, à l'ambiance pleine de mystères qui l'entoure et à l'incontournable sapin de Noël dont nous sommes tous friands. Même si la tradition de l'arbre décoré se perd de plus en plus, non pas dans les foyers, mais dans les halls d'accueil des entreprises ou dans les services.

Question : est-elle donc bien révolue la belle époque où la trêve des confiseurs signifiait encore quelque chose dans le monde professionnel au détour d'un atelier ou parmi les bureaux administratifs ?

Le sapin y brillait par sa présence et cela réchauffait le cœur. Mais, ne soyons pas trop nostalgiques pour autant ! Car au plan strictement économique, le sapin naturel, celui produit dans les contreforts du Morvan bourguignon conserve sa côte d'amour privilégiée auprès des consommateurs français !

Cela signifie-t-il qu'il existe toujours un fort engouement pour l'arbre naturel ?

Oui ! Les Français continuent de marquer leur préférence pour cette variante de sapin alors que l'arbre artificiel, qui n'en est finalement qu'un pâle ersatz sans odeur agréable ni résine mais sans la chute des aiguilles, perd du terrain. En effet, l'arbre en plastique représente seulement 15,1 % des ventes de sapins en volume contre 84,6 % pour la filière naturelle. Ce sont les chiffres officiels communiqués pour l'année 2011 par l'Association française du sapin de Noël naturel dont le siège national est localisé au cœur du Morvan. Plus précisément à Alligny, petite bourgade entourée de forêts de conifères sur le territoire de la Nièvre. Les sylviculteurs de Bourgogne (une quinzaine de professionnels répartis équitablement entre l'Yonne, la Nièvre, la Côte d'Or et la Saône et Loire) suivent même la tendance modale au niveau des produits bio. C'est devenue l'une des autres grandes particularités de ce segment spécifique de la filière arboricole.

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Les consommateurs français ont dorénavant un faible pour les arbres biologiques et écologiques. Près de 23 % des foyers français, par exemple, reconnaissent ce produit et l'ont acheté en 2011. En général, le profil type des acquéreurs de sapins naturels est le suivant : ce sont des cadres, des professions libérales, voire des chefs d'entreprises. Leur foyer accueille un ou plusieurs enfants. Géographiquement, les Franciliens et les gens de l'Est sont plus amateurs de sapins de Noël naturel que les autres...Il en va de même pour les ressortissants bourguignons.

L'an dernier, près de 6 millions d'arbres ont été achetés à un prix moyen de 24,70 euros. Soit un chiffre d'affaires global pour la filière qui s'élève à 137 millions d'euros. Cela représente 11 % de mieux que l'année précédente. 93 producteurs nationaux se partagent le gâteau. Ils se répartissent sur 40 départements dont ceux de Bourgogne, avec une dominante pour la Nièvre et l'Yonne. Les territoires de Bourgogne écoulent 1,5 millions d'arbres au moment des fêtes dont 80 % de nordmann. Issus d'une production agricole raisonnée favorable à l'environnement, la production de sapins naturels du Morvan est devenue un symbole pour le territoire de Bourgogne. Bien au-delà de ses frontières d'origine...