Il se focalisa alors sur une petite production partiellement sauvée de fruits, avec les fraises, framboises, cassis et groseilles qu’il cultivait alors et en chercha le meilleur rendement. Par ses propres moyens il réalisa ainsi des confitures. Sans recettes ni conseils, c’est en autodidacte qu’il cherche les bons dosages avec davantage de fruits que de sucre pour un goût authentique, utilisant seulement ses perceptions gustatives pour en soustraire sa propre méthode. Et comme producteur, il sait apprécier la qualité des fruits !

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Elle a le goût d’une confiture … mais ce n’est pas une confiture

Mais comment appeler ce produit puisqu’en 1985, un décret portant application de la loi des falsifications en matière de produits, oblige à l’appellation confiture les pots dont le taux de sucre est supérieur à 55%. Son fondateur, anticonformiste, n’en démord pas, exigeant que sa création reste authentique, sans être enregistrée dans un pré-requis.

Aujourd’hui encore, avec un slogan « plus de fruits, moins de sucre », sans conservateur et seulement 45 % de sucre, la recette qui fait sa réussite ne changera pas. Depuis 1986, Bernard Bérilley a imposé sur le marché français des confitures en offrant à sa clientèle une matière première de premier choix, un savoir-faire unique et un produit différent. Cependant, les étiquettes de ses pots ne comportent pas la mention de « confiture », mais elle a pourtant tout l’air d’une grande … confiture exceptionnelle.

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Les épiceries fines en redemandent depuis près de 30 ans

Face à la banalisation de l’offre dans la grande distribution, son produit étant unique, l’entrepreneur cibla et commença à démarcher les magasins biologiques, boulangeries, primeurs, cavistes et épiceries fines. 1989 fut l’année charnière, la première vitrine renommée à vendre les premières Trinquelinettes fut la Grande Epicerie de Paris. Suivirent alors le Bon Marché, les Galeries Lafayette (Lafayette Gourmet), Petrossian qui repérèrent la petite entreprise Morvandelle. La reconnaissance professionnelle se confirme avec un Coq d’Or du guide gourmand et une citation au Gault et Millau qui ne se démentent toujours pas en 2016.

Le secteur des épiceries fines bénéficie de l’engouement, non démenti, des français, pour la cuisine et le « fait maison». Dans un contexte de réduction budgétaire, les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité et à l’origine des produits qu’ils achètent.

Le marché de l'épicerie fine suit une tendance de croissance positive. Il est estimé à 5,5 milliards d'euros. Un secteur qui augmente en valeur mais baisse toutefois en volume. Les produits conservant une forte qualité sont restreints. Ce qui conforta d’ailleurs Bernard Bérilley dans sa démarche.

Depuis 27 ans, ces grandes maisons sont toujours clientes et ferventes de ces inspirations culinaires. Plus gourmandes encore, mais en quantité, ces enseignes en vendent désormais 2 000 pots par mois. Pour répondre à ces attentes et fidéliser ces compagnons de négoces, la Trinquelinette a élargi sa gamme avec 26 parfums et 7 compotes.

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Parvenir à se procurer de la Trinquelinette est une belle récompense

A travers cette histoire, la production se porte aujourd’hui à 200 000 pots par an alors qu’elle n’était que de 3 000 pots la première année. Sans même commercialiser La Trinquelinette à l’international, elle s’exporte aujourd’hui très bien.

Le made in France fait vendre. Les produits Français associés à la qualité, séduisent aussi les étrangers et 40 000 pots par an sont distribués aux États-Unis, au Japon, en Angleterre et au Canada depuis le début de cette année.

Malgré cela, en accord avec la qualité que recherche Bernard Bérilley, La Trinquelinette qui poursuit son développement maitrisé, ne deviendra pas une industrie et restera artisanale.

L’entreprise emploie 10% de la population Trinquelinoise. Parmi ces 40 habitants, les 4 salariés suffisent à maitriser la qualité du produit cher à son fondateur. Des tonnes de fruits biologiques, fournis par les mêmes producteurs locaux depuis des années, mûrs à point, sont encore triés, épluchés, nettoyés et vérifiés à la main. Toujours portés à une courte ébullition dans le même chaudron de cuivre avec du sucre de canne non raffiné. Une recette goûteuse qui ne trompe pas.

http://la-trinquelinette.com