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Morgane Dupuis et Julie Abrate, respectivement 26 et 28 ans se connaissent depuis le lycée.
Elles se sont rencontrées à Saint-Fargeau dans l’Yonne, grâce à l’équitation, une passion commune qui, aujourd’hui n’est plus leur seul attachement.

C’est au lendemain du scrutin du Brexit, domiciliées à Valence en Espagne, que nous prenions contact.

Les 52 % de Britanniques qui viennent de voter «non» à l'Union Européenne ont déclenché un tremblement de terre en Europe.
Pour ces étudiantes qui étaient parti dans le cadre d’Erasmus, leurs réactions oscillent entre désarroi et agacement.
Mais cette génération Européenne qui se réclame enfants du monde ne connait pas les frontières et ne s’épanchera pas sur son avenir.

Le programme d'échange Erasmus connaît depuis 1987, date de son lancement, un succès toujours plus croissant... Car il permet simplement d'étudier à l'étranger pendant 3 à 12 mois d'études dans une autre université européenne en validant leur cursus dans leur université de départ.

30 années qui ont permis à plus de 3 millions de jeunes Européens de découvrir de nouveaux horizons enrichissants.

Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Érasme (1465-1536).
Ce dernier a voyagé durant de nombreuses années à travers l'Europe pour s'enrichir des différentes cultures et développer son humanisme.
ERASMUS est un acronyme signifiant "EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students", ce qui signifie "Programme d'Action Européen pour la Mobilité des Étudiants".

Un divorce entre le Royaume-Uni et l’Europe qui ressoude l’idée originale des Poyaudines.

Pour ces citoyennes européennes, leur expérience lors de leur séjour estudiantin en Espagne en commerce international leur a démontré toute la complexité d’un aménagement pour quelques mois.
Où se loger et comment aménager lorsque l’on vient dans un pays avec sa valise comme unique bien ?

La forte augmentation des prix des logements ces dernières années a conduit à une importante compétition sur le marché.

À Madrid et à Barcelone, les prix pour un appartement meublé avec une chambre commencent à 600€/mois. 

Une alternative moins chère est la piso compartido (colocation), qui commence autour de 300€/mois dans les grandes villes.

Des intermédiaires aux intentions douteuses en font leur affaire.
Des loyers qu’il faut payer en espèce avec parfois jusqu’à 10 co-locataires. Mais une colocation peut vite tourner au cauchemar comme l’a vécu Julie.
Des désistements de colocataires et une caution envolée qu’il fallut récupérer avec un avocat.

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De cette mésaventure, les associées en fondent une entreprise, « Erasmus find a flat » (trouve un appart.)

Valence est l'une des villes espagnoles les plus propices à l'expatriation et offre une large gamme de logements.
Elle est l’une des principales villes d'Espagne, comptant quelque 797 000 habitants et 30 000 étudiants.

Dès septembre prochain, les nouvelles cheffes d’entreprise offriront la possibilité aux étudiants Erasmus, d’un package pour 300 € par mois. 10 appartements de 4 chambres pourront être loués. Mais pas seulement, dans la prestation est compris l’aménagement dont le mobilier, l’électroménager, le linge de maison fourni.
Aussi l’accès internet, le ménage, le transport et enfin un guide d’accueil qui est l’éclaireur des bonnes pratiques locales.

En option possible, un service de conciergerie sera accessible à la demande des 40 étudiants inscrits pour l’année 2016/2017 en attendant les futurs locataires.
Une assistance personnelle avec un ensemble de prestations de service du quotidien mis à disposition.

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Les «Valenciana » comptent développer leur activité en doublant chaque année les logements.

Cette capacité est encore possible en Espagne, à Madrid et Barcelone, aussi en Italie.

Le potentiel universitaire dans le sud de l’Europe est plus propice à ce fonctionnement alors que dans le nord comme l’Allemagne, la Suède et la Hollande, la mobilité des étudiants est déjà facilitée.
Les deux entrepreneuses recherchent également des investisseurs immobiliers qui confieraient l’usufruit à « Erasmus find a flat ».

« Réinventer l'Europe » mais inventer l’uniformisation administrative et entrepreneuriale est primordiale

Depuis 2 ans, leur quête d’entreprendre n’a pas été facilité. Beaucoup d'organismes ou de banques ont essayé de les décourager.
Une Union Européenne où se situent encore de doubles contraintes, même en pays frontaliers. Ce qui complique les procédures et ces méandres découragent la plupart du temps.
L'Europe à sa liberté de déplacement et de travail mais paradoxalement il n’y a aucune aide sur les projets communs entre Pays. Pas d'encadrement malgré de nombreuses associations et structures existantes. Bref, un fonctionnement sans unification depuis la déclaration du texte fondateur de 1950. Une brèche pour la première puissance économique mondiale peuplée de plus de 508 millions d'habitants. Et pour preuve, les entrepreneuses voulaient leur siège social dans l’Yonne mais il sera Parisien, un gage de sécurité pour les transactions immobilières, mais pour une banque cette fois-ci. Et pour autant, les deux expatriées ont adapté leur stratégie à chaque barrage. Une leçon d’optimisme pour entreprendre loin de leurs bases.

C’est en binôme qu’elles ont travaillé leur projet pendant 2 ans, c’est ainsi qu’elles fonctionneront à Valence pendant les moments forts d’accueils des étudiants. Pour les deux jeunes femmes, leur cœur et leurs attaches restent en Puisaye. Elles ne renoncent pas au Pays de Colette et c’est à tour de rôle, tous les mois, que Julie et Morgane gèreront « Erasmus find a flat », l’une à Valence et l’autre dans l’Yonne.

Mail : valencia(at)erasmusfindaflat.com

www.erasmusfindaflat.com (en cours de construction)